Je vous souhaite de passer un "Pessah casher vésaméah".

Désolée il n'y auras pas de recettes pour pessah, car je ne serais pas à la maison.

Mais promis SDV au pessah prochain il y en auras!

Gros bisous à vous !!

Par le Rav Aharon BIELER

universtorah

1. Introduction  

Pélerinage à Jérusalem

La fête de Péssa’h est l’une des trois fêtes de pèlerinage (Péssa’h, Chavou’ote et Soukote).

La fête de Péssa’h a été instituée par l’Éternel lors de la sortie d’Égypte. Dans la Tora, on trouve trois passages qui parlent de Péssa’h. On y trouve l’origine de toutes les lois et de tous les usages permettant de célébrer cette fête.

1) Chémote, Chapitre XII (dont voici les versets essentiels): Sidra Bô.
V. 8 — On mangera la chair de l’agneau cette nuit-là. On la mangera rôtie au feu, avec des Matsote et des herbes amères.
V. 15 — Pendant sept jours vous mangerez des Matsote. Dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons. Et quiconque mangera du pain fermenté, du premier jour au septième jour, celui-là sera retranché d’Israël.
V. 16 — Au premier jour vous aurez une réunion sacrée. Au septième jour, il en sera de même. Ces jours-là, on ne fera aucun travail, mais on pourra seulement faire le repas de chacun de vous.


Hagada d'Espagne en l'an 1300

V. 17 — Vous observerez les Matsote, car en ce jour-là, j’ai fait sortir vos armées du pays d’Égypte.
V. 18 — Au premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez du pain sans levain jusqu’au vingt et unième jour du mois au soir.
V. 19 — Pendant sept jours, on ne trouvera pas de levain dans vos maisons.
V. 20 — Vous ne mangerez aucune pâte fermentée.


2) Vayikra, Chapitre XXIII versets 4 à 8 (Sidra Emor).
V. 4 — Voici les fêtes solennelles de l’Éternel...
V. 5 — Le quatorzième du 1er mois, au crépuscule: c’est Péssa’h pour l’Éternel.
V. 6 — Le 15 de ce même mois, c’est la fête des Matsote pour l’Éternel. Pendant sept jours vous mangerez du pain sans levain...
V. 8 — Chacun des sept jours, vous présenterez des sacrifices à l’Éternel.




Premiers bourgeons

3) Dévarim, Chapitre XVI versets I à 8 (Sidra Choftim):
V. 1 — Observe le mois de la germination et tu feras Péssa’h pour l’Éternel, car c’est au mois de la germination que l’Éternel ton D. t’a fait sortir d’Égypte.
V. 2 — Tu feras le sacrifice de Péssa’h avec du menu et du gros bétail.
V. 3 — Pendant sept jours tu mangeras du pain sans levain.
V. 4 — On ne verra pas de ‘Hamets chez toi.
De ces textes, nos Sages ont tiré toutes les lois et toute la signification de la fête de Péssa’h qui porte plusieurs noms:


1) ‘Hag Hapéssa’h: la fête de Péssa’h.
2) ‘Hag Hamatsote: la fête des Matsote.
3) Zémane ‘Hérouténou: l’époque de notre délivrance. Péssah est également la fête du Printemps, ‘Hag Haaviv, époque de la moisson de l’orge. Haaviv signifie également épi, il s’agit de l’orge, dont on offrait une mesure (‘Orner) le second soir de Péssa’h, au Temple de Jérusalem.


2. Les symboles de Péssa’h  

La fête de Péssa’h est célébrée par trois symboles:

Péssa’h Matsa Maror



Che'hita du Korbane Péssa'h

Péssa’h qui signifie Che'hita du Korbane Péssa'h. Péssa’h veut dire en d'autres termes Passage par-dessus, en souvenir du passage de l’Éternel par-dessus les maisons des Hébreux lors de la dixième plaie d’Égypte. Ces maisons portaient des marques de sang de l’agneau sacrifié en l’honneur de l’imminente sortie d’Égypte. L’agneau sacrifié a également reçu le nom de Péssa’h, plus exactement, Korbane Péssa’h, sacrifice pascal.

A l’époque du Temple, quatre jours avant la fête, le 10 Nissane, de nombreux pèlerins arrivaient à Jérusalem avec leurs agneaux. Les pèlerins débarrassaient leurs maisons de tout ‘Hamets avant de partir, et ils n’en avaient plus dans leurs provisions à partir du 14 Nissane à midi.
Le ‘Hamèts qui restait était rassemblé et brûlé dans les terrains vagues, comme on peut le voir aujourd’hui encore en Israël.

D’après le Midrach de Péssa’him, l’offrande de l’agneau pascal se faisait en trois groupes successifs. Le premier groupe entrait dans le parvis jusqu’à ce qu’il fût rempli. On fermait alors les portes du parvis et on commençait à sacrifier les agneaux.


Les Kohanim étaient placés en file à partir de l’autel. Dès qu’un agneau était sacrifié, un Kohen en recueillait un peu de sang dans un bol à fond arrondi, qu’il passait au Kohen suivant, et ainsi de suite jusqu’au Kohen debout près de l’autel, qui versait le sang d’un seul jet vers le fond de l’autel. La coupe vide revenait, en passant de main en main, vers son point de départ.

Les agneaux étaient accrochés par leurs pattes arrière à des crochets fixés au mur dans ce but. Puis après nettoyage, ils étaient rendus à leurs propriétaires qui devaient les consommer en famille, grillés sur le feu, accompagnés de Matsote et d’herbes amères.

Le premier groupe ayant terminé, les portes du parvis s’ouvraient pour le laisser sortir et permettre au deuxième groupe de pénétrer. Il en était de même pour le troisième.

Aujourd’hui, nous n’avons plus malheureusement de Temple à Jérusalem. Aussi, nous représentons le sacrifice de l’agneau de Péssa’h par un os grillé que l’on dispose sur la table du Sédèr. La présence de cette grande foule à Jérusalem donnait lieu à de grandes réjouissances.


Matsa (pluriel: Matsote)
Le mot Matsa signifie pain sans levain. La Matsa symbolise la liberté de la sortie d’Égypte mais elle rappelle également la misère de l’esclavage, le pain du pauvre que consommaient nos ancêtres en Égypte. La Matsa est un pain qui n’est pas ‘Hamets. Par extension, est ‘Hamets non seulement du pain levé mais également tout aliment non fabriqué spécialement pour Péssa’h. En général, un aliment est ’Hamets s’il contient de la farine de l’une des cinq céréales suivantes: blé, orge, avoine, épeautre, seigle, seules susceptibles de fermenter. Les autres céréales comme le riz ne fermentent pas mais pourrissent et ne sont interdites à Péssa’h, dans certaines régions, que par assimilation avec les céréales qui fermentent.

La Tora n’a pas seulement interdit de consommer du ‘Hamets pendant les 7 jours de Péssa’h (8 jours en dehors d’Israël), elle a également interdit d’en avoir chez soi ou d’en posséder, même en dehors de sa maison. C’est la notion de Bal Yéraé (il ne sera pas vu) et de Bal Yimatsé (il ne sera pas trouvé) qui a donné naissance d’une part à la Bédikate ‘Hamets (recherche du ‘Hamets) et au Bi'our ‘Hamets (destruction du ‘Hamets) et d’autre part à la vente du ‘Hamets Mékhirate ‘Hamets .

La Bédikate ‘Hamets La Bédikate ‘Hamets se fait le 13 Nissane au soir, dès la tombée de la nuit. On recherche le ‘Hamets de manière minutieuse, à la lumière d’une bougie. Le ‘Hamets ainsi ramassé sera brûlé le lendemain. A certains moments de la Hagada, le récit s’arrête pour nous permettre de revivre symboliquement l’esclavage et la sortie d’Égypte. Dans la Hagada, le chiffre 4 apparaît plusieurs fois pour rappeler que la délivrance d’Égypte a suivi 4 étapes, selon les 4 termes employés dans la Tora:

1) Véhotséti (je vous ferai sortir).
2) Véhitsalti (je vous délivrerai).
3) Végaalti (je vous affranchirai).
4) Vélaka’hti (je vous adopterai comme peuple).


Ainsi nous trouvons dans la Hagada: Les 4 questions de l’enfant. Les 4 sortes d’enfants (le sage, le méchant, le simple, celui qui ne sait pas poser de questions). Les 4 coupes que nous buvons au cours de la soirée.


Le Maror Le Maror, ou herbes amères, nous rappelle la dure servitude de l’Égypte. Les Égyptiens faisaient travailler nos ancêtres, en leur donnant des tâches pénibles.

Le Midrach dit qu’ils donnaient aux hommes les travaux des femmes et aux femmes les travaux des hommes.

Les enfants d’Israël versaient alors des larmes de douleur et d’amertume.

Le Maror peut être soit du raifort, soit de la romaine, soit des endives; tout dépend de la tradition dans chaque famille.


Le sédèr :
Nous célébrons le Sédèr principalement à l’intention des enfants; et nous célébrons le Sédèr, même s’il n’y a pas d’enfant à la table du Sédèr.

Pour s’acquitter de son devoir de Sédèr, il faut au minimum prononcer les mots Péssa’h, Matsa et Maror et en donner l’explication.
La sortie d’Égypte se dit en hébreu: Yétsiate Mitsraïm.



L’afikomane :
A la fin du repas, on consomme la grosseur d’une olive (Kazayite) de la Matsa mise de côté au début du repas appelée Afikomane et qui symbolise l’agneau pascal.

Les trois Matsote que l’on met sur le plat du Sédèr doivent être spécialement préparées pour cet usage. On les appelle Matsote chél Mitsva.

La Matsa ne contient que de l’eau et de la farine, et l’on fait attention à la préparation de cette Matsa, pour que toute l’opération à partir du pétrissage jusqu’à la cuisson ne dure pas plus de 18 minutes.


Le mérite d’Israël

Les enfants d’Israël ont été délivrés d’Égypte à cause de trois mérites:
1) Le mérite de ne pas avoir changé de nom.

2) Le mérite de n’avoir pas changé de langue.

3) Le mérite de n’avoir pas fait du colportage ou de la médisance en gardant le secret du jour de la sortie d’Égypte.

Le mérite des femmes

Malgré la dure servitude et le danger qui planaient sur les enfants (tout garçon était jeté dans le Nil sur les ordres du Pharaon), les femmes ont continué à avoir des enfants et à faire confiance à D.. C’est ainsi que Moïse est né et fut choisi par D. pour faire sortir les enfants D’Israël d’Égypte.


Nous remercions le grand Rabbin Jacques Ouaknin qui nous a autorisé à prendre pour ce dossier des passages de son livre " De génération en génération être juif "